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Spectacle
Cygne
des temps
« Cygne de quoi ? » est une comédie
chantée pour tous ceux qui ne supportent plus « Roméo et Juliette » et
autres comédies musicales aux partitions formatées.
Aurélie Jacques
Inspirée de « Léda », une opérette
d'Alfred Jarry, auteur d'« Ubu Roi », la comédie chantée « Cygne de quoi
? » raconte les tourments d'Adèle, une bourgeoise en proie aux affres de
l'ennui. Obsédée par un rêve étrange, elle se voit chaque nuit en Léda,
héroïne de la mythologie grecque séduite par Zeus, dieu facétieux qui
apparaît sous les traits d'un cygne... Tourmentée, Adèle décide
d'entreprendre une psychanalyse auprès de deux spécialistes aux thèses
opposées. Mais leurs querelles incessantes la jettent dans un trouble
que ni Freud ni Lacan ne sauront lever.
Créée au début du XXe siècle, cette
comédie est rapidement tombée dans l'oubli : le texte et la musique
originale de Claude Terrasse ont été perdus lors d'un voyage en train.
Ce n'est que dans les années quarante que le texte seul réapparaît à
l'occasion d'une vente aux enchères d'objets ayant appartenu au
surréaliste Tristan Tzara. La troupe « Bcomme », composée de jeunes
artistes formés au Conservatoire de comédie musicale de Paris, a décidé
de l'interpréter pour la première fois depuis sa disparition. Le
résultat est réussi : un spectacle plein d'humour et de dérision. La
mise en scène, signée Véronique Balme, actrice notamment chez Guédiguian,
s'articule autour d'un système ingénieux de duos : Adèle et Léda, les
deux psychanalystes, les deux servantes, Zeus et le mari de Léda, dont
la confrontation donne lieu à des scènes cocasses. Les traits sont
forcés mais jamais grotesques. Soutenus par des dialogues décalés mais
justes, ce spectacle est d'une fantaisie réjouissante.
L'interprétation des artistes et leurs
voix puissantes servent parfaitement un répertoire éclectique : jazz,
opérette ou encore variété avec des reprises de Dutronc ou du groupe
français des années 70 Il était une fois, sont heureusement mariés. Des
anachronismes qui ne choquent jamais. C'est un signe ! Oui, mais de quoi
? demanderait Adèle. De la modernité du texte de Jarry.
« Cygne de quoi ? »
au Théâtre du Moulin de la Galette, 75018 Paris. Rens : 01.42.54.15.12.
Tous les dimanches à 19 h 30. |
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CYGNE DE QUOI
S’inspirant des images et des mots aux
significations multiples de la mythologie très personnelle d’Alfred
Jarry, cette adaptation de Léda est résolument une création théâtrale
et musicale à part entière. De l’œuvre écrite en 1900, il n’en
subsistait plus qu’un souvenir pour ainsi dire pataphysique, qui ne
fut publié qu’en 1981 : une opérette amputée de sa musique
originale, la partition signée par Claude Terrasse ayant été égarée.
Adèle est obsédée par un rêve qui lui revient toutes les nuits, et
dans lequel elle incarne l’héroïne grecque Léda… L’histoire se
décline en forme de rêve éveillé sous le regard d’un duo de
psychanalystes. Cette construction originale permet de s’amuser d’éventuels
rapports entre mythe et inconscient, jolie occasion pour égratigner au
passage les inconditionnels de Lacan ou de Freud. Parfois grinçante, la
comédie n’en demeure pas moins burlesque, les personnages y étant
brossés à gros traits, et aussi grâce à quelques dialogues singulièrement
décalés et anachroniques.
Musicalement, la filiation à l’opérette est assez ténue, si ce
n’est peut-être dans l’esprit. Du style de Claude Terrasse, ouvrant
la voie à une musique plus raffinée que populaire dans les années
1900, il n’en reste qu’une réminiscence. En témoignent quelques mélodies
et accords pentatoniques évoquant le début du siècle, ainsi que
l’air d’Orphée aux enfers d’Offenbach. La partition au contraire
hétéroclite de Laurent François emprunte aussi bien à la comptine
qu’au jazz. Le mélange fait mouche, le décalage de la musique, ainsi
que la qualité vocale des interprètes conservent aux mots de Jarry
leur pleine saveur. Malheureusement, la comédie vire parfois au
pastiche avec des reprises de chansons de Dutronc ou d’Il était une
fois, non sans risque d’occulter les chansons originales ou de
brouiller un peu l’esprit de la pièce.
Formés à la comédie musicale par Marc Chevalier au conservatoire du 9ème
arrondissement, les comédiens ne se contentent pas de nous faire rire.
Ils chantent avec talent, pour notre plus grand plaisir.
Khoi Nguyen
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Névrose
palmée
Cygne de
quoi ?
Adèle, bourgeoise bon
teint au Chanel impeccable et au chignon empesé, en prise à de
pascaliennes crises existentielles sur la confusion du cœur et de la
raison, entreprend une psychanalyse délirante pour soigner son complexe
de Léda. Grâce à deux lacaniennes furieuses qui se complètent comme
le fouet et la caresse, Adèle va finir par renoncer au prince charmant
et par rabattre ses fantasmes érotiques au niveau du réel, comme Léda
qui dut renoncer aux amours divines pour se contenter d’humaines et
imparfaites étreintes. Véronique Balme met en scène un spectacle
vivant et enjoué qui, entre opérette au deuxième degré et tragédie
musicale déjantée, propose une lecture pleine d’entrain des
vicissitudes amoureuses d’une jeune femme qui a du mal à grandir.
Léda,
opérette en un acte d’Alfred Jarry, créée au début du vingtième
siècle à Paris, n’était plus montée puisque les musiques
originales de Terrasse avaient été perdues. Laurent François a
recomposé une partition pour ces textes, délirants et légers, narrant
les aventures de la pauvre Léda, qui s’ennuie dans les bras d’un
mari vieillissant et prie l’empyrée pour que quelque semence divine
vienne ragaillardir sa matrice.
Zeus, métamorphosé en cygne, descend contenter la belle, qui, déçue
par les saillies du palmipède divin, retrouve finalement avec joie
les bras de son royal époux dont le membre
avachi à force de siestes répétées la satisfait tout de même
davantage que la furtive étreinte de l’Olympien en goguette.
Magali d’Authier, Véronique Balme et Marika Mazzanti ont eu l’idée
d’adapter la pièce de Jarry et d’en faire le rêve d’Adèle,
bourgeoise désœuvrée qui atterrit sur le divan en patiente incapable
d’aimer. Deux psychanalystes en charge de ce dossier complexe (Véronique
Balme et Magali d’Authier), se chamaillent. L’une, en combinaison
noire et sadique, brutalise la niaiserie oedipienne de sa patiente à
grands coups de fouet verbaux, l’autre, vichy rose et acné mal soignée,
s’empêtre dans ses lapsus et gère la situation à la hauteur d’élaboration
conceptuelle du courrier des lectrices de Marie-Claire : entre les
deux, Adèle a bien du mal à adapter son transfert et à se dépêtrer
de ses angoisses.
Le spectacle fait donc alterner la réalité d’Adèle (Marika Mazzanti)
qui fantasme un amour divin, et son rêve qui la transpose en Léda
(Olivia Leflaive). Au rythme d’une banquette tournante, tantôt divan,
tantôt couche antique, se succèdent les scènes du cabinet
d’analyste et de la demeure patricienne. Entourée de ses deux
suivantes Aglaïa et Anne-Anké (Angélique Fridblatt et Estelle Micheau)
délurées et délirantes (dont les costumes de poule et de souris suggèrent
assez ce que la féminité gagne en image quand elle renonce au concept et
se complait dans les histoires de fesses !), Léda accueille son
palmipède érogène (François
Bernard) et trompe son régulier peine-à-jouir (Pierre Babolat en
Thyndare croulant) avec un entrain gaillard. Avec abatage et bonne
humeur, les comédiens s’en donnent à cœur joie pour incarner ces
peines de cœur d’une chatte antique éprise d’un cygne. On rit
franchement. Même si la mise en scène manque parfois de fluidité et
les acteurs de souplesse dramatique, l’ensemble propose une version
kitch des apories passionnelles assez plaisante. On y apprend qu’il
faut renoncer à l’homme idéal puisque seul le divin peut prétendre
à la perfection et que cette perfection, même si l’on croit au
miracle de son incarnation, même en malard, demeure décevante. Cygne
de quoi, alors ? Peut-être du malaise d’une époque où les
trentenaires neurasthéniques se consolent de leur marasme sentimental
en jouant les working-girls hystériques et surbookées, en mangeant des
yaourts light et en lisant jusqu’à l’écœurement les dossiers spéciaux
des magazines féminins ou les ouvrages de sociologie de supermarché
qui les rassurent sur leurs déboires amoureux en en faisant un signe
des temps. Si Léda elle-même ne savait pas se contenter du réel, cela
devrait rassurer Bridget Jones…
Catherine Robert
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"PSY' CHIC
JAVA"
Vendredi à Pichon,
samedi à l'étoile, la troupe parisienne "B Comme...' a donné un
spectacle délirant : "Cygne de quoi ?", cabaret de la
psychanalyse sexualo-salonnarde en chansons.
Adèle, une bourgeoise
fin de siècle, croisement génétique de Mme Bovary et de Valérie
Lemercier, fait irruption parmi les spectateurs, conviés à attendre
leur tour pour une séance de psychanalyse de choc. Acte un, les psy
sont jetés. La bourgeoise pleure une vie sexuelle plate comme
l'encéphalogramme d'un cadavre, confortée dans son désespoir par deux
psy : l'une raide comme la science, l'autre toute en explosion à
l'image de ses cheveux dressés en palmier foudroyé, loufoque,
dingue...
Adèle, la pétulante, l'extravagante invention d'Alfred Jarry, nous
fait un rêve éveillé. Comme toute esseulée qui se respecte, elle s'invente,
s'imagine en personnage héroïque, véritable Electre des chambres à
coucher. Sous les yeux du spectateur, le divan se tourne, transformant
Adèle en son double tragi-comique, Léda, reine délaissée par un roi
vieillissant, plus préoccupé par les remous du parti socialiste que le
frémissement ventral de son épouse de vingt ans.
Le divin Zeus
Ainsi débute une
farandole de facéties, Alice au pays des psys, tour à tour reine,
actrice de cabaret érotique, de Vaudeville endiablé, le tout
orchestré par une ingénieuse mise en scène alternant comédie
musicale, comédie humaine, sur fond de "c'est mon choix". A
chaque sentence de la science, la troupe répond par la chansonnette,
expliquant en somme que l'amour, c'est simple comme le champagne, une
lumière tamisée, bref quelques paroles agréables. Zeus lui-même,
divinité à l'appui, grand carnassier sexuel déguisé en cygne,
maniéré comme un italien, enjôleur comme Don Juan,
viendra un temps secouer le couple à coups de passions éphémères,
comme pou mieux redécouvrir l'amour simple et sans
"complexes".
Retour aux sources
Soulignons que le Zeus
priapique est incarné par François Bernard, un acteur nancéien
sévissant avec succès à Paris. Il est d'ailleurs à l'origine du
détour de cette troupe, issue du conservatoire, dans la région, pour
un retour aux sources, faste, les trois représentations affichant
complet.
"Cygne de quoi ?" est un coup de pied railleur dans les zones
sensibles de la monotonie qui nous la chante trémolo ; tandis que
"B Comme...", avec ses servantes un peu chiennes, ses psy, à
la voix suaves et aux rythmes enlevés, nous cisèle dans cette forêt
de symboles à la sauce jus de crâne, la tranche la plus fine : l'amour
en apéro, en plat et en dessert.
(L'Est Républicain, le 24/02/03)
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CYGNE RÉVÉLATEUR
La psychanalyse comme
sujet de comédie musicale ? C'est l'audacieux pari relevé par une
troupe de chanteurs et d'acteurs vendredi soir sur la scène du centre
culturel.
Deux psychanalystes derrière leur bureau. Au centre de la scène, un
divan qu'une patiente exubérante et névrosée rejoint après un
étonnant monologue à travers les gradins. Ainsi débute "Cygne de
quoi ?", ou comment Adèle dévoile à ses médecins le rêve qui
la hante : chaque nuit, elle devient Léda, héroïne de la mythologie
grecque, confrontée à l'opportunité de tromper son mari, le roi
Thyndare - grâce à la venue de Dzeus (oui, avec un d) descendu
de son Olympe céleste sous la forme d'un cygne.
Les dieux, les psy
Non, il ne s'agit nullement
d'une énième représentation d'un classique millénaire : Sophocle et
Euripide ne figurent pas sur la liste des invités. En revanche, Woody
Allen semble être de la fête. "C'est une influence que nous
revendiquons sans complexes, confirme Véronique Balme, metteur en
scène et co-adaptatrice de cette pièce d'Alfred Jarry. Tout le
monde dans la troupe est fan de Woody Allen. Il correspond exactement à
l'équilibre que nous recherchons entre turpitudes intimes et humour
décalé." Un choix évident pour ces jeunes artistes formés
à la comédie musicale par Marc Chevalier. La croisée de
leurs talents (chant, théâtre) a permis la création, ou plutôt la
re-création de ce spectacle. "Le plus difficile a été
d'équilibrer jeu et chansons. Pour rendre plus limpide l'intrigue, nous
avons introduit le couple de psys, dont le conflit constitue un
véritable moteur comique."Monty
Python entre deux crises existentielles ? "Exactement"
sourit Véronique Balme.
"Cygne de quoi ?" a déjà été montré sur les scènes du
pays, notamment au festival d'Avignon. La représentation de vendredi
n'est pas le chant du cygne de cette tournée : le spectacle va être
joué durant deux mois à Paris, sur péniche.
(L'observateur de Troyes, le 24/01/03)
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UNE
COMÉDIE MUSICALE DRÔLE ET DÉROUTANTE
Suivie
avidement par un public assez nombreux, la comédie musicale "Cygne
de quoi ?" interprétée au centre culturel vendredi soir par
la troupe "B Comme", a été saluée par de vifs
applaudissements et plusieurs rappels. Il faut dire que cette pièce
adaptée de l'opérette-bouffe "Léda" d'Alfred Jarry, agrémentée
d'un jeu de décors, de costumes et de lumières, est follement drôle.
Servie par de jeunes acteurs-chanteurs-danseurs, cette est gorgée de
personnages clownesques, de situations extravagantes et d'anachronismes.
Suite
à une crise mystique, Adèle consulte ses psychanalystes à propos d'un
rêve qui l'inquiète. Un rêve basculant dans le fantastique et
l'absurdité dans lequel Dzeus, sous les traits d'un cygne, se livre à
un jeu de séduction auprès de la reine Léda. Les deux psychanalystes
ayant des conclusions divergentes s'engagent dans un combat
psychanalytique des plus comiques. Les spectateurs se laissent glisser
dans ce rêve rythmé par du bleus, du jazz, des airs d'opérettes et de
comptines.
Bonne humeur, drôlerie, originalité et dynamisme étaient au
rendez-vous.
Marie-Claire
Berthou
B
Comme
La
troupe "B Comme" composée
d'artistes
de théâtre, de danseurs et de chanteurs de variété et de lyrique,
est issue d'une école de comédie musicale créée par Marc Chevalier.
Celui-ci a côtoyé Yves Robert et les Frères Jacques au théâtre
avant de devenir professeur de musique à Paris. Dans son cabaret l'Écluse
créé avec André Sclesser, ils assistent aux débuts de grands
chanteurs comme Barbara, Brel ou Serge Lama. Puis il préside le Centre
de la chanson française et fonde une formation de comédie musicale.
C'est dire si ces jeunes artistes qui ont créé cette troupe, ont eu un
maître de choix pour déployer leur habileté sur scène. "Cygne
de quoi ?" le prouve bel et bien et a connu un vif succès au
festival d'Avignon en 2002. |
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PREMIERE REVELATION DE
EXPRESSION D'ETE 2002, CYGNE DE QUOI ? DE LA TROUPE "B COMME..."
A FAIT UN TABAC VENDREDI SOIR.
Ces jeunes artistes, qui
travaillent ensemble depuis 6 mois après avoir fait leurs classes au
conservatoire du IXe arrondissement de Paris, ont alimenté une
première partie improvisée (mini-sketchs, chansons) avant que les
"B Comme..." présentent leur première création, inspirée
d'une pièce méconnue, écrite en 1899 par Alfred Jarry. Jouée pour la première
fois en province ce vendredi, Cygne de quoi ? est une oeuvre
déroutante, qui entraîne le spectateur vers l'absurde de Jarry,
l'humour déroutant de Woody Allen et le délire des opérettes
d'Offenbach. "Dans la troupe il y a à la fois des acteurs, des
danseurs et des chanteurs", explique Marika, l'une des
comédiennes. "Nous avons donc voulu adapter la pièce originelle
pour permettre à tous de jouer". Un pari réussi tant le spectacle
mélange harmonieusement musique et danse tout en laissant la priorité
au jeu théâtral.Cygne de quoi ?
conte les confidences à ses psychanalystes d'une bourgeoise en manque
de sensations. C'est désopillant, brillant... et le public nombreux n'a
pas caché son plaisir. Et on n'a pas fini d'entendre parler de cette équipe qui a rapidement
quitté Mamers pour une grande aventure au festival d'Avignon. Les
"B Comme..." sont en effet les invités de la plus importante
manifestation théâtrale française jusqu'au 21 juillet. Ils joueront
tous les soirs. Alors, si vous allez faire un tour...
(Le Maine libre du dimanche 7 juillet 2002)
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